Eglise San Javier



Concert dans le cloître
d'une Mission



Concert


archange Gabriel

 



Ce qu'était l'organisation des mission Jésuites

Les missions sont sous la responsabilité de deux jésuites. L’un est responsable du spirituel, l’autre de l’administration. Ce dernier travaille en collaboration avec un Cabildo, indigène élu pour un an par ses pairs. Toute une administration indigène est mise en place par transposition du modèle espagnol (corregidor, alcades, alguaciles). Le système traditionnel des «caciques» est également maintenu. Le code civil et pénal est très avancé du point de vue humanitaire : pas de peine de mort, pas de peine dépassant les dix ans de réclusion. Une milice protège efficacement la communauté. L’économie prend un essor fulgurant grâce à la désédentarisation de la population : développement de cultures vivrières, des élevages, établissement d’un artisanat au service de la communauté. Les échanges commerciaux se font grâce au système de troc. Mais la vente des produits à l’extérieur permet une certaine capitalisation. Les Indiens travaillent à mi-temps au profit de leur famille, à mi-temps pour le bien de la collectivité. Cette production collective facilite le développement d’oeuvres d’intérêt commun comme l’assistance sociale auprès des plus démunis, la production artistique et religieuse.
Dans la droite ligne de la jeune tradition jésuite, l’éducation tient une place centrale dans la vie quotidienne : catéchisme et alphabétisation dans la langue locale, notions d’espagnol et de latin, apprentissage des métiers, de la comptabilité, de la musique et du chant.


Plan d'une Mission Guarani

Six ensembles de « réductions » (installations des Indiens christianisés) inspirées des cités idéales des philosophes du XVIe siècle que les jésuites fondèrent de 1696 à 1760 et où se mêlent étroitement architecture catholique et traditions locales, San Francisco Javier, Concepción, Santa Ana, San Miguel, San Rafael et San José, forment aujourd’hui un patrimoine toujours vivant sur l’ancien territoire des Chiquitos que nous visiterons.

Missions Jésuites :la tradition musicale

Fondée en 1689 par les jésuites, la mission de San Ignacio de Mojos dans la nord de la Bolivie (Beni) a non seulement conservé son église et de nombreuses traditions religieuses et sociales, mais aussi un important patrimoine musical.
Celui-ci nous est parvenu surtout grâce aux «Taitas», les anciens du village, qui ont conservé les partition de musique baroque du XVIIe en les retranscrivant de génération en génération. Aujourd’hui, en faisant appel à la tradition orale, les Indiens Mojos continuent d’interpréter certaines oeuvres pendant les fêtes religieuses, mais ne sont plus capables de déchiffrer les partitions et de transmettre ce patrimoine aux plus jeunes. Dans les missions, il était possible de se consacrer exclusivement à la musique. La formation musicale se faisait au sein de la mission, dans les écoles où étaient donnés des cours de solfèges, composition, chant, pratique d’un instrument, etc. Ils fabriquaient également leurs propres instruments (violons, violoncelles, flûtes et bajones, orgues, harpes). Chaque réduction comptait un choeur et orchestre formé de plus ou moins 40 musiciens.
Des écoles de musiques et de fabrication d’instruments perpétuent encore aujourd’hui ce savoir faire. Pour participer à la restauration des églises, chaque population a reçu pour tâche de renouveler un groupe de musique et chants de l’époque des jésuites, à partir des partitions retrouvées dans les églises. Aujourd’hui ces groupes charment les visiteurs par la pureté et l’authenticité de leur art et se produisent pour des occasions spéciales ou dans les festivals de musique baroque du monde entier.